Argumentaire de la pêche dans l'eau

ARGUMENTAIRE CONTRE L'INTERDICTION DE LA PÊCHE EN MARCHANT DANS L'EAU

  • En tant que gestionnaire des lots B22 à B34 de la Basse Rivière d’Ain (soit 35 km), l’UPRA apporte les précisions suivantes :

  • • Les recensements des frayères d’ombres de la Basse Rivière d’Ain ont clairement démontré que les frayères étaient toutes situées dans des zones d’une profondeur moyenne de 0,5m à 1 m et toujours sur la rive la plus profonde de la rivière, là où la vitesse du courant tend naturellement à nettoyer le substrat et facilite donc le frai des ombres.
  • • Ces recensements effectués par le CSP, par le CNRS (Jean-Paul Mallet)et par Julien Sémelet (stagiaire EDF à la cellule d’alerte puis technicien du SAGE Basse Vallée de l’Ain) ont mis en évidence la très faible probabilité de piétinement de ces frayères par des pêcheurs, étant donné leurs emplacements.
  • • Les observations effectuées quotidiennement sur les lots de l’UPRA n’ont jamais permis de constater de piétinement conséquent de ces zones.
  • • Comparativement aux variations de niveaux induites par les ouvrages EDF, malgré les bons résultats de la convention garantissant un minimum de 28 m3/s et comparativement aux problèmes induits par les micro-centrales (débit pouvant tomber en dessous de 28m3/s, travaux, etc…), la fréquentation de l’Ain par les pêcheurs a sur ce point une influence minime pour ne pas dire nulle.

  • Preuve de ce fait, durant les printemps 1996, 2002 et 2003 (entre autres), la Basse Rivière d’Ain est restée basse et stable en raison de l’absence de précipitations et de turbinage EDF. De nombreuses frayères ont été alors observées. Parallèlement à cela, la rivière a connu une très forte fréquentation par les pêcheurs. Ce qui n’a pas empêcher les résultats du frai des ombres d’être excellents comme l’attestent les observations ultérieures dont notamment les pêches électriques d’Henri Persat et son équipe CNRS.

  • Sur certaines rivières au régime hydraulique naturel (rivières souvent de petite ou moyenne dimension), les frayères sont situées sur les gravières de faible profondeur et souvent même au niveau des gués. L’interdiction de pêcher en marchant dans l’eau pendant le frai est alors pleinement justifiée. Tel n’est pas le cas de la Basse Rivière d’Ain.


  • De plus une mesure de ce type sur l’Ain condamnerait la pratique de la pêche à la mouche qui est une des seules qui permettent la remise à l’eau des salmonidés dans de bonnes conditions, au profit d’autres techniques bien plus dommageables sur ce plan comme la pêche aux appâts naturels, par exemple.

  • Il est certain que la désertion de la Basse Rivière d’Ain par les pêcheurs à la mouche ferait le bonheur de certains que seule leur présence empêche d’outrepasser la loi notamment en terme de limitation journalière de capture. Rappelons qu’une grande partie du gardiennage est effectuée par les gardes particuliers (bénévoles) de l’UPRA, tous pêcheurs à la mouche.

  • Il est à craindre qu’une telle interdiction, non seulement n’aurait aucun effet positif sur le résultat du frai des ombres mais entraînerait de plus une prédation irraisonnée des ombres et des truites par certains pêcheurs peu scrupuleux.
  • Pour lever tout doute sur ce sujet, il suffit de méditer sur le cas récent de la Bienne. Sur cette rivière, la pêche à la mouche n’était autorisée qu’à partir de l’ouverture de l’ombre, ce qui n’a pas empêché la quasi disparition des ombres sur cet affluent de l’Ain. L’interdiction totale de la pêche de l’ombre a permis le retour en force des ombres alors là même que la pêche en marchant dans l’eau est autorisée à partir de mars.

  • Ce qui amène à la conclusion suivante : ce n’est pas l’interdiction de pêcher en marchant dans l’eau dans des rivières comme la Basse Rivière d’Ain qui accroît les populations d’ombres mais une limitation des captures adaptée au potentiel et à la fréquentation de la rivière.

  • L’UPRA est donc totalement opposé à la mise en place de cette interdiction que rien ne justifie sur la Basse Rivière d’Ain.

  • Un printemps clément et une meilleure régulation des éclusées EDF reste le meilleur moyen d’avoir une bonne reproduction des ombres. L’exemple des années 1996, 2002, 2003 en témoigne :

  • Il faut également insister sur la chute considérable de cartes de pêche de l’Ain et donc de taxes fédérales qu’une telle mesure ne manquerait pas d’entraîner. Il est en effet certain que tous les pêcheurs à la mouche refuseront de prendre une carte s’il leur est impossible de pêcher durant les trois premiers mois et s’il ne leur reste à pêcher qu’1semaine en mai et le mois de juin sachant qu’en juillet et août la pêche est très aléatoire (compte tenu de la température de l’eau) et que la pêche à la mouche est quasi impossible en septembre en raison du délestage du barrage de Vouglans.
  • Eradiquer les pêcheurs à la mouche de l’Ain est à coup sûr le meilleur moyen de faire fuir les jeunes très intéressés par cette approche de la pêche. Que dire également de l’avenir des parcours no-kill sur lesquels il serait impossible de pêcher pendant les trois premiers mois ? L’effectif des pêcheurs est en baisse parce que les anciens ne sont pas remplacés par de nouveaux pêcheurs. La limitation considérable de la pêche à la mouche ne ferait qu’accroître cette tendance. Rappelons, pour mémoire, l’impact considérable sur les effectifs de pêcheurs qu’a eu la suppression de la pêche d’automne. Faut-il rééditer cette erreur ?

  • L’avenir de la pêche est aux pratiques sportives de pêche dont principalement la pêche à la mouche. Les gestionnaires de la pêche doivent tout faire pour promouvoir ces pratiques et inciter les jeunes à la pratique de la pêche. Plutôt que d’apporter des contraintes à la pratique de la pêche, il est bien préférable de limiter les prélèvements en fonction du potentiel de la rivière et de la fréquentation des pêcheurs.